Crans Montana - Suisse
Tragédie de Crans-Montana : L’ombre des « coupeurs de feu » au chevet des victimes
La nuit du Nouvel An 2026 restera à jamais gravée dans les mémoires en Valais. Le terrible incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, qui a fait une quarantaine de morts et plus d'une centaine de blessés, a plongé la région dans la sidération. Face à l'afflux massif de grands brûlés dans les hôpitaux, une mobilisation de l'ombre s'est rapidement organisée : celle des magnétiseurs et des traditionnels « coupeurs de feu ».
En Suisse romande, où la tradition du « secret » reste profondément ancrée, ces guérisseurs ont joué un rôle marquant, bien que discret, au plus fort de la crise.
Une mobilisation immédiate dès les premières heures du drame
Alors que les services de secours s'activaient encore au milieu des décombres, les téléphones des faiseurs de secret de la région ont commencé à sonner. Dès 2h30 du matin, des proches de victimes, paniqués et impuissants face à la souffrance de leurs êtres chers, ont sollicité l'aide des magnétiseurs locaux.
Des figures régionales du « secret », telles que Georges Delaloye ou Claude-Alain Bitschnau, ont ainsi témoigné avoir pris en charge bénévolement entre 30 et 40 victimes chacun au cours de cette nuit tragique. Leur objectif ? Tenter d'apaiser à distance l'intolérable douleur des brûlures.
Comment travaillent-ils en situation de crise ?
Pour les coupeurs de feu, la distance n'est pas un obstacle. Dans le cas du drame de Crans-Montana, leur intervention s'est articulée autour de règles bien précises :
- L'action à distance : À l'aide du nom, du prénom et de la date de naissance de la victime, le guérisseur récite une formule ou une prière dédiée pour « barrer » le feu.
- Un accompagnement au long cours : Face à la gravité des blessures, le travail ne s'arrête pas à la première nuit. Les magnétiseurs interviennent généralement sur des cycles de 21 jours pour soutenir le processus de cicatrisation des grands brûlés.
Le saviez-vous ?
En Suisse romande, et particulièrement dans les hôpitaux valaisans ou au CHUV à Lausanne, la collaboration indirecte entre le personnel soignant et les faiseurs de secret est une réalité courante. Bien qu'elle ne soit pas inscrite dans les protocoles médicaux officiels, elle est souvent tolérée pour le confort psychologique et la gestion de la douleur des patients.
Entre tradition culturelle et vigilance médicale
Si cette mobilisation témoigne de la force des traditions solidaires en Valais, elle soulève également des questions. Les autorités de santé publique et les associations de vigilance (comme l'UNADFI) rappellent régulièrement l'importance de ne jamais substituer ces pratiques aux soins médicaux d'urgence.
