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Le magnetiseur en Suisse

En Suisse, le magnétisme (souvent englobé sous les termes de « pratiques de guérison spirituelle » ou « thérapies énergétiques ») occupe une place unique, mêlant une immense tolérance culturelle à un cadre juridique très décentralisé.

 

1. Le cadre légal : Le "fédéralisme" de la santé

En Suisse, la santé publique relève principalement de la compétence des cantons. Il n’existe pas de loi fédérale unique pour les magnétiseurs, mais plutôt un patchwork de réglementations cantonales qui oscillent entre deux approches :

L’absence de réglementation (La majorité des cantons)

Dans des cantons comme Vaud, Fribourg ou le Jura, l’exercice des pratiques thérapeutiques non reconnues n’est tout simplement pas réglementé. Il n'y a pas besoin d'une autorisation de pratiquer.

 

La tolérance sous conditions

D'autres cantons, comme le Valais, tolèrent explicitement ces pratiques mais posent des garde-fous stricts :

  • Interdiction de faire de la publicité commerciale agressive.
  • Interdiction stricte de se faire passer pour un professionnel de la santé (médecin, infirmier).

Le régime d'autorisation (Genève)

Le canton de Genève est l'un des plus encadrés. Pour y pratiquer une thérapie alternative ou spirituelle, il faut s'enregistrer auprès du service du médecin cantonal et prouver certaines compétences de base (déontologie, connaissances anatomiques de base parfois exigées selon le statut).

2. Les "Lignes Rouges" juridiques (Le droit pénal)

Peu importe le canton, les magnétiseurs tombent sous le coup du Code pénal suisse s’ils franchissent certaines limites. 

  • Interdiction du diagnostic 
  • Interdiction d'interrompre un traitement 
  • Le consentement et l'intégrité 

3. Pratiques et intégration : Le modèle suisse

Contrairement à d'autres pays où le magnétisme est totalement relégué en marge de la science, la Suisse se distingue par un pragmatisme historique.

Le "Secret" et les hôpitaux

Dans les cantons romands (Fribourg, Valais, Vaud), la pratique du "Secret" (une forme de magnétisme ou de prière à distance pour couper le feu, arrêter les saignements ou guérir les brûlures) est profondément ancrée.

  • Certains grands hôpitaux, comme le CHUV (Lausanne) ou les HUG (Genève), ont parfois possédé des listes informelles de "faiseurs de secret" à la demande des patients ou des familles, notamment pour soulager les grands brûlés ou les patients sous radiothérapie. C’est ce qu’on appelle la collaboration de fait.

Synthèse 

« En Suisse, le magnétiseur est libre de pratiquer dans la plupart des cantons sans diplôme d'État, à condition de ne jamais se substituer au médecin (pas de diagnostic, pas d'arrêt de traitement). Cette liberté s'accompagne d'une forte culture populaire : du faiseur de secret au thérapeute énergétique, ils font partie intégrante du paysage romand, oscillant entre tolérance informelle dans les hôpitaux et exclusion des remboursements médicaux standards. »

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